La méditation au quotidien (d’une newbie à une autre)

(Presque) seule à Central Park, photo David Latouche
(Presque) seule à Central Park, photo David Latouche

J’ai déjà parlé des bienfaits de la méditation, notamment pour arrêter une migraine. En plus d’être un outil pour régler un problème ponctuel, la méditation peut aussi se pointer en trame de fond d’un quotidien, peu importe comment ce dernier peut être chargé. Après l’initiation à la pratique du Yoga, la méditation devenait un peu la suite logique. Après tout, qui refuserait un petit brin de zénitude supplémentaire par-ci par-là? Et même si les fondements de base sont ultra simples pour débuter en méditation, les appliquer concrètement demeure assez exigeant, voilà tout le défi de la pratique.

Être conscient du moment présent, de l’ici et maintenant. Dans combien de livres, vidéos et articles cette thématique revient-elle, je ne saurais plus les compter! Comment bien vivre, avec soi-même, dans le présent, et composer avec ce qu’on ne peut contrôler, sans chercher à fuir ou à se distraire? Avec le rythme effréné du quotidien, ce concept (re)devient essentiel.

Se brosser les dents, penser qu’on est en train de se brosser les dents. Faire la vaisselle, penser qu’on est en train de faire la vaisselle. Sans être dans la planification du prochain week-end ou en train de ruminer la journée qu’on vient de traverser. La théorie : on ne peut plus simple. La pratique : nécessite justement de la pratique!

Personnellement, je préfère pratiquer le soir, allongée, mais avec un angle au niveau du dos. La respiration s’en trouve facilitée et ça évite de s’endormir (oups, true story).

Et outre s’ancrer dans le moment présent, comment être en mesure de composer avec les événements externes, les situations délicates ou les bouleversements? Je me suis toujours reconnue dans une citation de Charles R Swindoll, qui fait référence au fait que tout ce dont on dispose est l’attitude: le comment on choisit de réagir face aux faits. Et que 90% est attribuable à cette réaction par rapport au 10% attribuable aux faits. Ce concept est aussi renforcé de par la notion d’équanimité, expliqué par Nicole Bordeleau dans son livre Respire:

« L’équanimité, c’est cette capacité à demeurer calme et serein, peu importe nos états d’âmes et les circonstances de notre existence. Face à un succès ou à un échec, à des louanges ou à des blâmes, à des gains ou à des pertes, un esprit équanime accueille la réalité avec la même présence, la même bienveillance ».

Chose certaine, qu’on soit de nature zen et spirituel ou un peu moins *tousse tousse, les bénéfices qu’on peut tirer de ce genre de réflexions et de la pratique de la méditation sont réels et accessibles à tous.

Mon histoire: comment la méditation a arrêté une migraine

Coucher de soleil - Panorama de méditation par excellence - elle nota
Endroit zen et réconfortant, ou comment décrire un panorama de méditation par excellence

*Lire méditation et non pas médication*

Je me considère extrêmement chanceuse d’être en bonne santé. Mais comme l’exception confirme la règle, j’ai tout de même droit, environ 4 fois par année, à des épisodes de migraines avec aura. Au début, ça me gênait d’en parler, mais t’sais, comme dans tout, communication is key. Maintenant que je commence à être (un peu plus) zen avec ça, je constate que c’est somme toute assez commun. Pour les chanceux qui n’ont absolument aucune référence ici, sans entrer dans les détails pas tant intéressants des symptômes, disons que ça arrive sans s’annoncer, faisant passer son état de hop-la-vie-tout-est-normal à non-fonctionnelle-amenez-moi-mon-lit (pis c’est un euphémisme).

Parce qu’il n’y a rien de mieux à faire que d’attendre que ça passe (loin des écrans et autres stimuli), j’ai “profité” d’un épisode migraineux pour tenter une méditation de guérison. 

Alors, la méditation de guérison, comment on s’y prend? Pas tellement différemment d’un autre type de méditation. En premier: respirer. Aussi basique que ça puisse paraître, c’est néanmoins essentiel. Quand on se sent malade, c’est facile de s’abandonner à la panique, de perdre le contrôle. Prendre conscience de sa respiration, tout d’abord, puis, respirer de plus en plus profondément pour retrouver un rythme cardiaque normal, c’est un peu les premières étapes. Puis, lorsqu’on se sent calme, se concentrer sur son corps, et finalement mettre le focus sur la partie à guérir. Utiliser l’inspiration pour nourrir le corps, pour l’oxygéner et utiliser l’expiration pour se débarrasser des déchets, des maladies. En ce qui me concerne, j’ai toujours eu de la difficulté à rester concentré en fermant les yeux. Les curieux de nature sauront comprendre le feeling d’avoir peur de “manquer quelque chose”. On peut donc fixer un point immobile, idéalement un élément de paysage, organique, qui peut même vaciller un peu au gré du vent.

S’investir dans la pratique, la prendre au sérieux et la considérer comme une réelle mission, c’est ce qui, pour moi, fait la différence et aide à rester focus. Il se trouve que la pratique a réellement contribué à atténuer les symptômes de la migraine en une cinquantaine de minutes, par rapport à plusieurs heures, parfois. Devons nous être malade pour s’adonner à une méditation de guérison? Personnellement, je la répète encore et encore, à toutes occasions. Que ce soit après une grosse journée, lors de moments de fatigue, en SPM, name it!

Huiler la machine

Prendre le temps de relaxer autour d'un café - elle nota

En fin d’année (ou en tout temps, pas de jugement), c’est possible qu’on se sente plus fatigué et qu’on attende avec impatience une période d’arrêt bien méritée. Après tout, on a travaillé fort toute l’année: on s’est fixé des objectifs qu’on a atteints (of course), mais le chemin n’était pas nécessairement comparable à un fleuve tranquille. On s’est peut-être enfargé, et on s’est relevé. Peut-être pas non plus. L’année s’est peut-être déroulée avec toute la douceur et la zénitude du monde, pis c’est ben correct.

Chose certaine, on a géré ses propres défis, tout en prenant soin de ses proches et en les aidant à composer avec les leurs. Alors malgré la conscience de tout ce qu’on a accompli, la fierté et les célébrations associées, pourquoi est-ce toujours si difficile de s’accorder le droit de huiler la machine, de prendre soin de soi? Pourquoi au garage on paie la facture de 600$ sans en faire un cas, mais qu’on hésite à se payer un massage à 90$? Breaking news: un char, ça s’échange, ça se vend, ça se donne, ça s’envoie même à la scrap. Son corps, on le garde légèrement plus longtemps et on le remplace plus difficilement.

Oui, c’est dur de voir la pile de linge à plier ou le plancher collant, de s’en balancer complètement et de se sauver au spa. Mais t’sais, c’est comme dans n’importe quoi, on devient meilleur avec de la pratique. Alors GO, l’entraînement commence maintenant!

Un truc pour commencer: identifier une chose qu’on fait pour soi. Mais minute papillon. C’est une tâche? Une obligation? C’est pour plaire aux autres? Exit. La liste s’épure assez rapidement merci. Ça peut même s’inscrire dans la routine. Des idées?

  • Aller se faire masser
  • Passer une soirée sans écran
  • Se coucher à 20h si on a l’goût
  • Se lever à midi si on a l’goût
  • Lire un roman cover-to-cover
  • Faire une randonnée
  • Essayer une nouvelle sorte de thé
  • Se faire une routine détox
  • Voir ses amis
  • Méditer
  • Ouvrir un bon chardo
  • Redécorer
  • Regarder une bougie brûler
  • Squatter dans un café

Qu’est-ce qui est le plus challengeant dans le concept de prendre du temps pour soi?