Le hygge, plus que des chandelles et du chocolat

art de vivre hygge au chalet - elle nota
Le secret d’un week-end hyggelig, photo Marc-Antoine Latouche

le peuple danois a été sacré le plus heureux du monde. Plusieurs auteurs se sont depuis intéressés à ce résultat. Contre-intuitif pour certains: les conditions climatiques au Danemark, jumelant du temps froid et un manque d’ensoleillement sur une longue période de l’année, peuvent être qualifiées de difficiles. (Ça rappelle quelque chose? Oui, han!) Tout à fait explicable pour d’autres: les notions de performance et de compétitivité étant beaucoup moins présentes au Danemark qu’ailleurs dans le monde. Quel est donc le secret du bonheur de ce cher peuple danois? Apparemment, le hygge. Art de vivre, pour lequel il n’existe aucune traduction parfaite. L’idée ici n’est pas de définir le mot hygge. Une panoplie de livres et d’articles sont disponibles sur le sujet. En deux mots, je dirais que le hygge, c’est beyond cozy. Alors comment on peut s’inspirer de ce style de vie danois et tenter d’insérer des moments hyggelig dans notre rythme de vie nord-américain? Voici mes interprétations et petits trucs suite à la lecture de Hygge: l’art du bonheur à la danoise de Marie Tourell Soderberg et du livre du hygge de Meik Wiking. Je résume le hygge en 4 thématiques:  ambiance, attitude, amusement, allure.

 

Ambiance

Choisir la lumière naturelle plutôt qu’artificielle:

  • chandelles (sans odeur idéalement – le plus naturel possible)
  • rayons du soleil
  • fenestration abondante
  • feu de foyer (au bois pour les chanceux)
  • lampes avec éclairage diffus

Privilégier la qualité à la surconsommation:

  • achat local
  • fait main
  • seconde vie
  • recyclage

Choisir des matières organiques plutôt qu’industrielles:

  • laine
  • tapis
  • bois
  • fourrure
  • plantes et verdure

Privilégier le confort et l’invitant plutôt que l’épuré à l’extrême:

  • objets
  • décos
  • souvenirs
  • canapés douillets

 

Attitude

Privilégier la camaraderie à la compétitivité:

  • féliciter les autres
  • être reconnaissant pour ce que l’on a
  • avoir de l’empathie
  • écouter
  • laisser tomber ses gardes

Choisir des sujets rassembleurs plutôt que controversés:

  • loisirs
  • famille
  • voyages

Faire sentir les invités comme chez eux plutôt que de leur imposer un cadre:

  • les laisser se servir
  • permettre de déplacer les choses
  • se mettre à l’aise

 

Amusement

Bien manger, bien boire plutôt que compter ses calories:

  • vin rouge, whiskey
  • sucreries faites maison
  • comfort food

Choisir des activités plutôt que des écrans:

  • jeux de société
  • histoires à raconter
  • anecdotes
  • livres

 

Allure

Privilégier le décontracté au trop soigné:

  • coupe de cheveux naturelle
  • lainages confortables
  • pulls oversized
  • foulards
  • layers (température hivernale oblige!)
  • monochrome

Je n’adhère pas au minimalisme (même si tout le monde pense le contraire)

Notre salon pas minimaliste pantoute - elle nota
Notre salon pas minimaliste pantoute

C’est bien connu qu’une maison bien rangée apporte zénitude et bien-être. Qui veut d’un environnement embourbé? Surement pas Pinterest. Ni Instagram. Si tous les zinternets réussissent à maintenir une maison digne d’une émission de HGTV, moi aussi? On peut dire que je réussissais assez bien. Jusqu’à temps qu’on doive ouvrir un tiroir ou un rangement (détail). Ils voulaient exploser tellement ils étaient plein. Pour profiter d’un environnement épuré, il fallait bien se reprendre quelque part, right?

Not right.

C’est là que j’ai compris la vrai affaire. Même si la maison était super épurée et zen, je rageais chaque fois que je cherchais l’épluche-patates. Ça éloigne pas mal du but de l’exercice.

La solution: le trend du minimalisme? Je n’aime juste pas le mot, je le trouve péjoratif, même qu’il me donne envie de rouler des yeux. C’est comme souhaiter être une licorne, c’est juste impossible parce que ça n’existe pas. Se fixer un but inaccessible? C’est mon interprétation du minimalisme. C’est super le concept de pouvoir faire entrer tous ses vêtements dans un carry on. Sauf si tu vis au Québec. Sauf si tu as d’autres passions dans la vie que de laver ton linge non-stop. N’importe quel coach de vie sur Youtube va être d’accord que de travailler sur un goal pour lequel on est certain d’échouer, c’est un peu la pire des idées du monde. Cet article de Simple on purpose (et plein d’autres) cadre vraiment plus avec mon approche (le mot-qu’on-ne-doit-pas-prononcer en moins). C’est simple, finalement.

Comment?

Déterminer ce qui sort en choisissant de ne conserver que les choses qui:

  • sont belles et ou
  • sont utiles et ou
  • représentent une valeur sentimentale

Donner, jeter, recycler. Pièce par pièce, plusieurs fois de suite s’il le faut. S’organiser, déterminer un endroit pour chaque chose et le respecter. Ça demande une discipline, j’en conviens, mais c’est là que la zénitude s’est finalement installée. Non, je n’aurai plus besoin de mes notes de cours du temps de l’Université, c’est inutile de conserver les T4 de ma première job en 2005, ça me surprendrait vraiment qu’on reçoive assez de monde pour justifier conserver quatre machines à café, et j’en passe!

Et pour éviter de se tapper une corvée annuelle de decluttering, on se pose ces questions au moment d’acheter un nouvel objet. Oui, même si c’est en solde. Oui, même si ça semble une opportunité qui ne repassera pas avant la prochaine éclipse lunaire. Être conscient de ce qu’on achète, plutôt que de consommer sans réfléchir, tout simplement. Le ménage du printemps devient vraiment plus léger tout d’un coup. Et ça laisse plus de temps pour faire les choses qu’on aime, être avec les gens qu’on aime.

Pis t’sais, inutile de viser la perfection (remember la licorne). Non, ce n’est pas immaculé chez nous, on ne vit pas non plus dans une coquille vide, entourés de deux cactus et d’un macbook. C’est normal d’avoir des passions illogiques, de garder des choses juste pour le fun, d’acheter des livres plutôt que d’aller à la bibli.

Finalement, c’est de trouver son équilibre et de se respecter la dedans.

D’accord? Pas d’accord? D’autres approches?